PARIS, 21 octobre (APM Santé) - Le "Pôle Sud Sénologie" lance un site internet d'informations sur le cancer du sein, afin de guider la prise en charge post-dépistage des femmes, encore mal organisée en France.
Que faire après l'annonce par le médecin d'une anomalie dépistée par mammographie? C'est pour répondre aux interrogations des femmes et de leurs médecins et pour les guider dans le choix des examens complémentaires que le Pôle Sud Sénologie, regroupant 70 médecins et soignants du Pôle Sud de l'Ile de France, met en ligne un nouveau site qui se veut à la fois "pratique et précis" (www.polesud-idf.fr).
"Le programme de dépistage national du cancer du sein est parfaitement bien organisé et de qualité excellente sur le plan radiologique, mais les circuits après dépistage d'une anomalie n'ont pas été prédéfinis et sont très variables", explique l'institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR), partenaire du projet, dans un communiqué.
"La qualité de la prise en charge post-dépistage n'est pas satisfaisante dans le Pôle Sud de l'Ile de France", renchérit le Dr Suzette Delaloge, responsable du comité de pathologie mammaire à l'IGR et coordinatrice du projet.
L'oncologue cite en particulier les délais bien trop longs constatés entre la mammographie de dépistage et la chirurgie, souvent de deux à trois mois au lieu des 30 jours recommandés. "Ce délai supplémentaire semblerait délétère sur le taux d'envahissement des ganglions", déplore l'oncologue.
La faute revient à un parcours de soin mal adapté, qui redirige souvent les patientes vers leur médecin généraliste, "qui n'ont pas forcément l'habitude de la prise en charge des anomalies du sein".
Il est arrivé à des médecins de s'alarmer pour une mammographie classée ACR2, raconte à l'APM Ghislaine Lasseron, administratrice de l'association européenne de lutte contre le cancer du sein Europa Donna.
Pourtant, dans la classification radiologique ACR, qui ordonne l'imagerie du sein -mammographie, échographie et IRM- de un à cinq (zéro correspondant à une impossibilité de conclure), l'ACR2 correspond à des seins "présentant une/des image(s) à 100% rassurantes", ce qui illustre bien le besoin d'informations aussi bien de certains médecins que des patientes.
Ces informations sont désormais disponibles sur le site, qui réunit également le descriptif des anomalies du sein, des examens diagnostics possibles en fonction du type de lésion mammaire, ainsi que des indications des suites à donner selon les résultats, bénin, malin ou atypique.
Mais la véritable originalité du site réside dans les accès directs qu'il permet vers les centres de diagnostic et de traitement. L'internaute peut en effet visualiser la carte des centres en fonction des examens et des traitements qu'il souhaite réaliser et prendre directement rendez-vous en appelant le numéro indiqué.
L'inscription de ces centres sur le site se fait sur la base du volontariat, après la signature d'une charte de bonne pratique, prônant, par exemple, une prise en charge la plus rapide possible, respectueuse des recommandations françaises et internationales.
Le site est désormais accessible sur internet, mais le groupe de travail continue à réfléchir sur la mise en place d'un éventuel comité éditorial, afin de garantir le contrôle du contenu et de valider les inscriptions des centres./tn/ajr
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