Santé : changer de logiciel ! Pour une refondation de notre pacte social de santé.
Notre système de santé français a forgé son identité sur le succès du modèle biomédical bâti tout au long du vingtième siècle.
Aucune maladie ne semblait résister.
N’affirmait-on pas à la fin des années soixante que l’on vaincrait le cancer d’ici la fin du siècle ?
Aujourd’hui, malgré d’indéniables progrès, nous en sommes loin et ce modèle s’est avéré en difficulté à plusieurs reprises.
Dans les années quatrevingts, avec l’apparition du VIH/sida.
Puis avec le cortège des infections nosocomiales et les germes de plus en plus résistants.
Malgré cela, en 2000, l’Organisation mondiale de la santé n’hésitait pas à qualifier notre système de santé de meilleur au monde.
L’accès de tous à des soins de qualité semblait à portée de main.
1. Financer la santé et la maintenir accessible
2. Mieux organiser la santé
3. Garantir la qualité des soins
La sécurité des soins ne va pas de soi et ne se décrète pas : comme la qualité elle se démontre !...
La culture médicale reste encore aujourd’hui très largement fondée sur le culte du héros : comme dans les séries télévisées, le médecin héros
sauve la vie de ses patients en prenant des risques insensés sous les applaudissements de la foule. Mais la vie n’est pas un feuilleton avec garantie de « happy end » !
L’aéronautique civile, elle, en a terminé depuis quelques décennies avec le culte du héros, merveilleux pour l’ego des pilotes, désastreux en termes de sécurité des passagers.
Qui se préoccupe aujourd’hui, en prenant l’avion, du nom des pilotes ?
Personne, car le passager sait que les procédures en vigueur lui garantissent, en dehors des cas exceptionnels où elles ne seraient pas respectées, une conformité de vol quelles que soient les
personnes aux manettes.
C’est loin d’être le cas en matière de santé, où les actes sont encore trop « opérateurs dépendants »...
Cependant, la médecine en général est réfractaire à toute idée de standardisation. Mais peut-on continuer à tolérer des différences de prise en charge d’un praticien à un autre,...
L’évolution des connaissances médicales, des techniques et des produits (médicaments, matériels) n’a jamais été aussi rapide.
Peut-on continuer à tolérer que des professionnels de santé n’appliquent pas les recommandations en vigueur, se forment peu, s’évaluent encore moins, ne se comparent jamais aux autres ?
Le CISS milite pour une formation professionnelle continue, obligatoire et sanctionnante, tout au long de la vie des professionnels de santé ; pour une transparence des performances des
praticiens et services afin de réaliser une comparaison entre eux ; pour une rémunération prenant en compte des critères de qualité, de sécurité des soins et de résultat.
Prop. 2 Garantir l’accès à l’accompagnement et à l’éducation thérapeutique
L'éducation thérapeutique du patient et plus généralement l’accompagnement du patient est un sujet qui retient l’attention des pouvoirs publics, de l’industrie pharmaceutique, des associations de malades, des usagers du système de soin et des professionnels de santé (experts de l’éducation
thérapeutique, sociétés savantes, infirmières…).
Prop. 3 Améliorer la sécurité des soins
Contrairement à la plupart des pays développés, le nombre d’accidents médicaux n’est pas connu avec précision en France, faute de volonté politique. Les taux d’infections nosocomiales annoncés
sont de simples estimations et manquent de fiabilité.
Prop. 4 Réformer la formation initiale et continue des professionnels de santé
La formation des professionnels de santé, particulièrement les médecins, est devenue inadaptée à l’exercice actuel.
Les pratiques ont changé et l’exercice de ville ou de campagne est très différent de l’exercice hospitalier, c’est pourtant en CHU que les étudiants réalisent l’essentiel de leur formation
initiale pratique.
Certaines matières ne sont pas ou sont insuffisamment abordées pendant le cursus de formation initiale : parmi elles la qualité, la gestion des risques médicaux avec la culture de l’erreur,
l’éthique médicale, la communication avec les patients et leurs familles, la prévention, la lecture critique de la littérature scientifique, l’impact des conditions de vie sur l’adhésion au suivi
médical…
Instaurer une réelle mise à niveau périodique et documentée des connaissances théoriques et pratiques (cf. fiche Evaluation, amélioration des pratiques, recertification des professionnels de
santé).
Demander le respect de la loi concernant la Formation médicale continue (FMC) et l’Evaluation des pratiques professionnelles (EPP, démarche organisée d’amélioration des pratiques, consistant à
comparer régulièrement les pratiques effectuées et les résultats obtenus, avec les recommandations professionnelles).
Prop. 5 Améliorer et mieux évaluer les pratiques, recertifier les professionnels de santé
L’évaluation des pratiques professionnelles est une obligation depuis 2005 pour les médecins, elle doit le devenir pour tous les professionnels de santé et doit être crédible, c'est-àdire
exigeante et discriminante notamment dans le sens où le public doit être informé de la façon dont cette obligation est remplie par chacun.
Sur le modèle des pilotes de l’aéronautique civile et des médecins des pays nord-américains soumis à « recertification » depuis plusieurs décennies, les professionnels de santé devraient être
régulièrement formés et évalués sur les plans des connaissances théoriques et techniques et leur état de santé contrôlé (dépistage de l’alcoolisme, de maladies neurologiques, etc.).
Ainsi, le diplôme délivré à la fin des études aurait une durée de validité limitée et devrait être régulièrement revalidé faute de quoi le professionnel ne serait plus autorisé à exercer.
4. Poursuivre la démocratie sanitaire
5. Conforter les droits individuels des patients
6. La santé de demain
7. Les urgences populationnelles : autant de défis !
Postface : Pour la création d’une commission nationale du débat en santé publique
>>> sur le site du Ciss
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