PARIS, 3 novembre (APM Santé) - La survenue de bouffées de chaleur, de suées nocturnes et de douleurs articulaires sous anastrozole ou tamoxifène serait un indicateur d'efficacité du traitement adjuvant du cancer du sein, selon des données de l'essai ATAC à paraître dans le Lancet Oncology.
Cette étude a été la première à montrer la supériorité d'un anti-aromatase, l'anastrozole, sur le tamoxifène en prévention des récidives après chirurgie du cancer du sein, chez des femmes ménopausées.
Dans une analyse rétrospective de l'essai ATAC, le Pr Jack Cuzick de la Queen Mary School of Medicine à Londres et ses collègues ont comparé, chez les femmes atteintes d'une tumeur hormonodépendante, l'évolution de celles rapportant ces symptômes par rapport à celles qui en étaient exemptes.
Les auteurs ont constaté que 37,5% des femmes (1.486 sur 3.964) ont indiqué l'apparition de symptômes vasomoteurs lors de la première visite à trois mois. Ces femmes avaient une réduction du risque de récidive à neuf ans de 16% par rapport aux autres.
Une baisse encore plus marquée a été observée chez les 31,4% de femmes qui souffraient de douleurs articulaires, avec une réduction du risque de récidive de 40%.
Ces différences ont été constatées aussi bien dans le groupe tamoxifène que dans le groupe anastrozole. Une relation inverse entre les symptômes vasomoteurs et la récidive avait déjà été rapportée pour le tamoxifène mais pas encore pour l'anastrozole, ni pour les douleurs articulaires (qui sont plus fréquentes avec l'anti-aromatase).
Ces symptômes sont associés à de plus faibles taux d'estrogènes, mais la cause des douleurs articulaires induites par l'inhibition de l'aromatase n'est pas encore connue.
L'apparition de ces symptômes semble un biomarqueur utile d'une meilleure réponse à l'hormonothérapie, constatent les auteurs. En informer les femmes pourrait être rassurant pour elles et pourrait constituer un bon levier pour favoriser l'observance au traitement, qui n'est généralement pas très bonne.
Ces résultats soulèvent aussi des questions sur les effets potentiels sur l'efficacité de l'hormonothérapie des médicaments visant à diminuer ces symptômes, puisqu'ils ciblent le même mécanisme d'action, notent les auteurs./sl/tn/ajr
(Lancet Oncology, publication en ligne du 30 octobre, 6 pages)
Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
